Return to the Home Page About CCCL Members CCCL News CCCL Articles CCCL Links Mediation Panel Contact CCCL Member Login
  Français   

CCCL Articles


Featured Article, October 2007

Municipalité Régionale de Comté de Roussillon

c. Construction Frank Catania & Associés Inc. et

Compagnie d’Assurances St-Paul Garantie,
[2007] J.Q. no 7995 (C.S.)

 

English translation follows.

 

Une Municipalité Régionale de Comté (MRC) avait lancé un appel d’offres pour l’enlèvement des résidus domestiques et l’Entrepreneur avait déposé la plus basse soumission pour la somme de 21 946 770 $ pour une période de cinq ans. Le comité technique responsable des soumissions avait constaté que la soumission de l’Entrepreneur était conforme mais demanda à l’Entrepreneur qu’il lui fournisse une liste de ses camions, le nom du superviseur sur le terrain et les noms des sous-traitants à qui il confierait le service de certains secteurs et ce avant de décider si la MRC allait octroyer le contrat à l’Entrepreneur. L’Entrepreneur n’a pas fourni les réponses à ces demandes qui selon les documents d’appel d’offres devaient être fournies 15 jours après l’octroi du contrat.

 

Au terme de discussions avec la MRC, l’Entrepreneur, prévoyant une relation contractuelle difficile, offre finalement à la MRC de se retirer du processus d’octroi du contrat incluant la clause suivante :

 

« En conséquence, nous demandons à la MRC de Roussillon de ne pas considérer notre soumission et de ne pas nous accorder le contrat. Il est entendu que Construction Frank Catania & Associés Inc. sera libérée de tout engagement contractuel envers la MRC de Roussillon et que l’offre présentée à celle-ci le 11 août dernier deviendra de fait caduque. »

 

Le jour même la MRC adopte une résolution à l’effet que l’Entrepreneur a unilatéralement retiré sa soumission. La MRC accorde ensuite le contrat au deuxième plus bas soumissionnaire. La soumission du deuxième plus bas soumissionnaire étant supérieure de 755 944,00 $, la MRC poursuit l’Entrepreneur et la compagnie ayant fourni le cautionnement de soumission.

 

Citant la décision de la Cour suprême du Canada Double N Earthmovers Ltd. c. Ville de Edmonton, la Cour est d’opinion qu’en imposant à l’Entrepreneur de fournir des preuves avant terme, contrairement aux exigences exprimées dans ses propres règles, soit dans les documents d’appel d’offres, la MRC omettait ainsi de remplir ses obligations. De plus, non seulement a-t-elle fait défaut d’informer l’Entrepreneur que sa soumission était acceptée, elle ne lui a jamais offert de signer le contrat. En procédant de la sorte, elle a rompu l’égalité entre les soumissionnaires.

 

L’Entrepreneur a demandé à la MRC l’autorisation de se retirer du processus d’appel d’offres. Par la résolution adoptée par la MRC, cette dernière ne se prononce pas sur la demande de l’Entrepreneur. N’ayant pas répondu à la demande de l’Entrepreneur, ne lui ayant pas confirmé que la MRC acceptait sa soumission et ne lui ayant pas offert de signer le contrat, la MRC ne peut réclamer des dommages à l’Entrepreneur.

 

La MRC réclamait également la somme de 755 944,00 $ à la compagnie de caution ayant fourni le cautionnement de soumission. Selon le juge, la preuve a révélé que la compagnie de caution n’a jamais été informée de la décision de la MRC d’octroyer le contrat à un autre soumissionnaire.

 

La MRC n’a pas rempli son devoir d’information elle n’a donc plus de recours contre la compagnie de caution.

 

 

English Translation

 

A regional county municipality (RCM) issued a call for tenders for the removal of domestic waste and the Defendant submitted the lowest bid in the amount of $21,946,770 for a period of five years.  The technical committee in charge of bids observed that the Defendant’s bid met all the formal requirements.  However, even before the RCM decided to award the contract, the committee requested that the Defendant supply a list of its trucks and the name of the on-site supervisor along with the names of the subcontractors to which the Defendant would delegate work in certain sectors.  The Defendant did not follow up on these demands for more information which, according to the documents relating to the call for tenders, only had to be submitted within the first 15 days after the contract was actually awarded.

 

After some discussion with the RCM, and anticipating a difficult contractual relationship with the latter, the Defendant finally offered to withdraw from the entire process relating to the awarding of the contract and included the following clause in its proposal:

 

[Translation] Consequently, we ask the RCM of Roussillon not to consider our tender and not to grant the contract to us. It is understood that Construction Frank Catania & Associés Inc. will be released from any contractual undertaking towards the RCM of Roussillon and that the offer presented to the latter on 11 August will effectively become null and void.

 

That same day, the RCM adopted a resolution to the effect that the Defendant had unilaterally withdrawn its bid.  The RCM then proceeded to award the contract to the next lowest bidder.  Given that the next lowest bid was greater than that of the Defendant’s by $755,944, the RCM sued the Defendant as well as the Defendant’s surety which had issued the bid bond.

 

Referring to the holding of the Supreme Court of Canada in Double N Earthmovers Ltd. v. City of Edmonton, the Court held that by imposing upon the Defendant the obligation to supply information before it was due, which actually went against the RCM’s very rules laid out in the call-for-tenders documents, the RCM was in default of fulfilling its obligations.  Furthermore, not only did the RCM neglect to inform the Defendant that its bid was accepted, it also never gave the Defendant a chance to sign the contract.  By behaving in such a way, the RCM adversely affected the equality of the bidders.

 

The Defendant requested that the RCM authorize it to withdraw from the call for tenders. By its resolution, the RCM did not address the Defendant’s request.  The RCM could not claim damages from the Defendant when it had not done so much as address the Defendant’s request or confirm whether the Defendant’s bid was accepted or even give the Defendant a chance to sign the contract.

 

The RCM also claimed the sum of $755,944 from the company that had put up the bid bond.  According to the judge, the evidence showed that the guarantor had never been informed of the RCM’s decision to award the contract to another bidder.  Given that the RCM did not fulfill its duty to inform the guarantor, it could not, as a result, have recourse against the bid bond.

 

 


Article Archive >> 

Copyright 1999-2008 The Canadian College of Construction Lawyers Inc.